Traceurs GPS : le paradis du cyberbraconnage

13 Juin 2018

Nous vous avons souvent parlé des menaces potentielles pour vous et vos dispositifs. Les conséquences engendrées par une mauvaise protection des appareils n’affectent pas seulement l’Homo Sapiens. L’article d’aujourd’hui cherche à savoir comment les technologies modernes peuvent représenter une menace pour les animaux en voie de disparition.

Les scientifiques utilisent depuis longtemps des balises spéciales pour en savoir plus sur le mode de vie et les habitudes des animaux sauvages. Au début, ils utilisaient des objets primitifs, comme des anneaux sur lesquels les informations étaient gravées ; mais le 20ème siècle a vu le développement de méthodes plus sophistiquées, surtout avec l’utilisation de traceurs GPS. Ces dispositifs miniatures permettent aux chercheurs de surveiller les mouvements de l’animal en temps réel.

Quelques élus

Les premiers traceurs de ce genre sont apparus il y a quelques décennies. À l’inverse des appareils utilisés dans les années 90, les récepteurs GPS actuels sont compacts et peuvent fonctionner pendant longtemps grâce aux batteries solaires qui n’ont pas besoin d’être remplacées.

Le coût exorbitant de ces traceurs GPS de qualité qui ont une longue durée de vie, signifie que seuls quelques élus peuvent en profiter, et généralement il s’agit d’espèces en voie de disparition. Les données des traceurs servent les intérêts de la recherche scientifique, et les traceurs agissent également comme un système d’alarme, en avertissant les défenseurs de l’environnement lorsqu’un animal est en danger.

Les traceurs GPS sont-ils sûrs ?

Hélas, non ! Les traceurs GPS, et les comptes qui reçoivent les informations envoyées par ces appareils, peuvent être piratés. Cela signifie que les données sur l’emplacement de l’animal pourraient tomber entre de mauvaises mains. La carcasse d’un animal rare rapporte tellement sur le marché noir que les braconniers sont prêts à dépenser une petite fortune pour s’offrir les services du pirate informatique le plus cher.

Même si pour le moment aucun cas de piratage de traceurs GPS au coût élevé n’a été confirmé, les annonces d’attaques d’animaux avec balise qui apparaissent dans les informations ne sont pas très rassurantes.

Cause de la mort : popularité

En décembre 2012, un collier équipé d’un traceur GPS pourrait avoir été partiellement responsable de la mort de 832F, la louve la plus célèbre du parc national de Yellowstone. Cette femelle alpha et chef de meute, a été observée par les zoologistes, mais aussi par des dizaines de milliers d’amoureux de la vie sauvage, pendant ses 17 ans de vie.

Malheureusement, sa popularité a contribué à sa mort : 832F et huit autres loups équipés de radiobalises, plus économiques et plus vulnérables, ont été suivis par des chasseurs locaux qui considéraient que les animaux représentaient une menace pour leur bétail.

Nous ne savons toujours pas avec exactitude comment ils ont réussi à se diriger vers 832F. Peut-être que les chasseurs, dont l’identité n’a toujours pas été révélée, ont piraté le traceur que la louve portait. Ou alors ils ont juste fait des recherches sur les habitudes du célèbre animal. Les informations sur ces mouvements ont été accessibles au grand public pendant de nombreuses années.

Œil de tigre

En 2013, un groupe de cyber-braconniers a été vu au parc national de Panna, en Inde. Il semblerait qu’ils essayaient de trouver un jeune tigre du Bengale équipé d’un collier GPS qui fournissait des données toutes les heures aux scientifiques, qui pouvaient alors suivre son emplacement à trois mètres près.

Les criminels ont essayé de pirater la boîte mail personnelle du responsable du programme de surveillance, Krishnamurthy Ramesh. Même s’ils ont obtenu les e-mails du compte de Ramesh, sur lequel il recevait des informations sur le tigre, l’attaque a été un échec parce que les données du traceur étaient cryptées.

Restez sur vos gardes

Il y a eu d’autres cas où les technologies modernes conçues pour protéger les animaux ont, au contraire, mis leur vie en péril. Considérez qu’il s’agit d’une information supplémentaire qui confirme que vous n’êtes jamais trop protégé. Par conséquent, les scientifiques doivent toujours surveiller de près les comptes utilisés pour collecter ces données précieuses, et y réfléchir à deux fois avant de révéler l’emplacement d’un animal rare au grand public, même si leurs intentions sont bonnes.