Vous pensez être multitâche ? Détrompez-vous.

26 Avr 2016

Arrêtez-moi si vous avez entendu cette phrase auparavant : « Je peux faire plusieurs choses à la fois : chatter, écouter mon interlocuteur et même prendre des notes ! »

Il y a des chances pour que vous l’ayez déjà prononcée vous-même ou entendue de la bouche d’un ami ou d’un collègue de bureau. Quelle que soit la personne, la véritable question à se poser est : vous y croyez ?

Soyons honnêtes ! Si vous répondez oui, c’est que vous avez tort.

Vous n’êtes pas obligé de me croire sur parole. Sachez tout de même que Kaspersky Lab a mené une enquête afin d’estimer combien de personnes de nos jours dépendent de leurs appareils.

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En 2015, Kaspersky s’était déjà penché sur le sujet et avait détecté que beaucoup d’entre nous ne jurent que par les smartphones et que nous leur confions même nos notes les plus importantes. Ce phénomène a été baptisé l’amnésie numérique.

Vous devez sans doute vous demander en ce moment à quel point vos collègues et vous-même vous vous vantez de vos smartphones et de votre aptitude à gérer plusieurs choses en même temps ?

L’étude a révélé que 44% des professionnels admettent facilement qu’ils prennent des notes sur leurs appareils numériques pendant qu’ils sont en réunion. Le problème avec cette attitude est qu’ils pourraient passer à côté d’informations clés, qu’elles soient contextuelles, émotionnelles ou bien comportementales en rapport avec ce qui a été dit. Le premier élément est souvent fondamental pour réellement en comprendre le sens, et pour la mémorisation.

De plus, 13% des personnes interrogées admettent que si elles perdaient leurs documents numériques, elles seraient perdues.

« La mémoire humaine est limitée. L’inconvénient avec le simple fait d’écouter est de dépendre uniquement de sa mémoire lorsqu’on transmet quelque chose de « la mémoire de travail » à court terme à la mémoire à long terme. Cette transmission de données s’avère difficile et son succès dépend de la façon dont on comprend le sujet traité » a affirmé le Docteur Gorkan Ahmetoglu, Maître de Conférence en psychologie d’entreprise à l’University College de Londres. « Si les informations nous paraissent inhabituelles ou difficiles à comprendre, le fait de les noter le plus souvent sur des appareils numériques implique qu’on peut les revoir et mieux les comprendre par la suite. »

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Notre étude a également révélé que de nombreux professionnels sont prêts à renoncer à une écoute proactive lors d’une réunion, dans le but de faciliter la prise de notes et gagner du temps. 46 % des sondés ont la certitude que ces notes sont bien mieux qu’une simple écoute. La majorité des participants (67%) s’accordent également à dire que les notes numériques sont plus faciles à sauvegarder et à partager que de simplement les mémoriser.

Les gens comptent beaucoup sur leurs notes, « gardées » dans leur « mémoire externe ». Ce qui offre la possibilité aux collègues déloyaux, concurrents et cybercriminels d’agir sur un large terrain d’attaque. Si les premiers hackers « espionnaient » seulement au début, désormais ils font aussi des dégâts et peuvent tout effacer voire tout changer de la façon la plus discrète qui soit.

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Etant donné que nos appareils peuvent être vulnérables, un tel incident pourrait causer de nombreux problèmes envers la victime. Alors que la situation pourrait sembler préoccupante, il ne faut pas pour autant dramatiser et rester optimistes. On vit dans une époque où la technologie est prédominante et de ce fait il est difficile de dépendre uniquement de notre mémoire cognitive. D’un autre côté, on ne doit pas non plus compter seulement sur la technologie et maintenir un équilibre entre les deux.

Lors d’un article précédent, j’avais parlé de l’application LiveScrib en expliquant comment cette dernière m’avait aidé à combiner mes notes avec un enregistrement audio afin de partager le compte-rendu des réunions avec mes collègues à l’étranger qui n’avaient pas pu y assister. Cet outil permet de combler l’écart entre les deux.

Comme l’a expliqué Ahmetoglu : « si quelqu’un se reconnait dans ce qui vient d’être reporté, faire davantage appel à sa mémoire cognitive peut être un moyen efficace d’absorber une grande quantité d’informations plutôt que de les noter sur un appareil, laissant ainsi travailler notre mémoire de manière proactive en temps réel« .

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Pour terminer, je vais donc vous reposer ma question : Êtes-vous une personne multitâche ? Laissez vos commentaires ci-dessous. Vous pouvez également accéder à l’étude complète ici.