Les drones pourraient-ils remplacer le traineau du père Noël ?

20 Déc 2013

Les rennes du père Noël pourraient bien être mis au chômage en 2016 : Amazon prévoit de livrer vos cadeaux de Noël par drones ! De plus, l’entreprise assure que cette option de livraison, actuellement appelée Prime Air prendrait moins de 30mn. Cette nouvelle invention futuriste sera-t-elle disponible dès 2016 ou devra-t-elle encore faire ses preuves ?

Santa

À en juger par la joyeuse vidéo d’Amazon et DHL, l’idée de livrer des commandes grâce à ces adorables mini-hélicoptères suscite énormément l’intérêt des fournisseurs de logistique. Un simple coup d’œil au drone Parrot AT sur Amazon vous le prouve : une machine volante de ce type peut-être achetée pour 300$. Mais si c’est possible, pourquoi attendre encore quelques années au lieu de commencer dès maintenant ? La réponse est simple : vous pourriez avoir besoin d’un permis spécial pour que vos vols soient autorisés par la FAA et les autres organisations qui supervisent la sécurité de l’aviation. Et pour le moment, elles n’ont pas l’air de vouloir délivrer ce genre de permis, alors que de nombreux défauts de ce moyen de livraison ont déjà fait surface.

Les États-Unis, qui sont après tout le pays d’origine d’Amazon, sont célèbres pour leur politique très stricte sur les drones. Le plan concernant le développement des conditions générales d’utilisation des drones, qui doit autoriser les drones dans des opérations civiles, a été signé en novembre dernier. D’un côté, il permet de se débarrasser de nombreux problèmes : les avions et les hélicoptères seraient autorisés à voler où ils veulent, sans avoir à obtenir de permis spécial dans chaque ville. Mais d’un autre côté, la FAA insiste sur le fait que chaque véhicule volant doit être assisté par un pilote à son bord, même si ce dernier n’est pas assis dans la cabine. Cette règle remet donc en question le système de livraison par drone : les coûts nécessaires deviendraient trop élevés. Lorsqu’une société décide d’utiliser des drones, elle est soumise à une longue liste d’exigences, souvent similaires à celles appliquées aux compagnies aériennes : inspection et certification des pilotes, un accès au cockpit réservé au personnel, etc.

Lorsqu’une société décide d’utiliser des drones, elle est soumise à une longue liste d’exigences, souvent similaires à celles appliquées aux compagnies aériennes.

En d’autres termes, même dans 5 ans, les drones ne seront pas nécessairement complètement « sans pilote » si les dirigeants des grandes entreprises ne persuadent pas le gouvernement de changer d’avis. L’Europe semble avoir une politique bien plus laxiste concernant les drones. Les appareils volants pesant moins de 150 kilos sont considérés comme des « jouets » et sont régulés par les agences civiles locales. Les véhicules les plus lourds sont obligés de suivre une série de règles qui permettent d’assurer que les drones relèvent plus ou moins du domaine de l’aéronautique, mais en général, les autorités prévoient de les autoriser en 2016.

Curieusement, les projets comprenant des drones, que cela soit aux États-Unis ou en Europe doivent encore se soumettre à des exigences relatives à la protection de la vie privée. Étant donné que les drones sont recouverts de caméras et qu’ils sont relativement petits, ils voleront certainement près des bâtiments et des gens, et la prise de photos et de vidéos sans autorisation, posera certainement un problème important. Les législateurs doivent encore répondre à un certain nombre de questions et rédiger des lois concernant l’objectif de ces enregistrements, les autorisations pour les entreprises et les individus qui utilisent des drones afin qu’ils puissent réaliser de tels enregistrements, les manières d’obtenir de telles autorisations, les organisations qui superviseront le processus, l’endroit où les enregistrements seront stockés, pendant combien de temps ils seront gardés, et bien d’autres problèmes. Les informations capturées grâce aux caméras des drones pendant la livraison pourraient néanmoins avoir un potentiel commercial important. Imaginez les publicités qui pourraient vous arriver le lendemain de votre livraison par drone : « Hier, nous avons remarqué que votre toit avait besoin d’être rénové. Découvrez notre sélection de tuiles ! ».

Les informations capturées grâce aux caméras des drones pendant la livraison pourraient néanmoins avoir un potentiel commercial important.

Une autre question pourrait également se poser : comment éviter le piratage de drone ? Il s’agit déjà d’un problème majeur, alors que les spécialistes de la sécurité ont démontré qu’il était possible de piéger les systèmes GPS, ce qui pourrait envoyer les drones piratés dans la mauvaise direction. Pour tous les appareils contrôlés à distance, le même problème se pose : comment éviter que les pirates ne prennent le contrôle des drones ? Juste après l’annonce ambitieuse d’Amazon, le drone Skyjack a été présenté : l’appareil est capable de pirater les drones AR en les déconnectant de leur contrôleur sans fil et en les reconnectant à leur propre contrôleur. De plus, la FAA a déjà remarqué que n’importe qui peut prendre le contrôle d’un drone : il y a de grandes chances pour que l’appareil de contrôle ne soit qu’un simple ordinateur portable ou une tablette et les pirates pourront donc très facilement en prendre le contrôle.

Il est devenu évident ces dernières années que les cybercriminels explorent activement les nouvelles opportunités qui pourront leur rapporter de l’argent, et voler des commandes Amazon pourraient bien les intéresser. De plus, chaque paquet volé vient avec un merveilleux bonus – un drone, qui pourrait être utilisé dans n’importe quelle activité criminelle – de l’espionnage au terrorisme. De tels incidents, qu’ils soient intentionnels ou accidentels, font partie des raisons pour lesquels les autorités hésitent à autoriser ce genre d’initiative. Cela étant dit, en attendant de savoir si les drones sont autorisés ou non, le père Noël et ses rennes feront très bien l’affaire.