Violences domestiques : La lutte contre les stalkerwares

Découvrez les chiffres du rapport State of Stalkerware 2022 de Kaspersky et les mesures à prendre pour vous protéger contre cette forme de violence numérique procédant fréquemment de violences domestiques.

Les stalkerwares sont un fléau mondial qui touche des milliers de personnes chaque année, en particulier les femmes. Malgré une légère baisse en 2022, le problème des stalkerwares reste préoccupant. Notre dernier rapport State of Stalkerware 2022 révèle que près de 30 000 utilisateurs de téléphones mobiles dans le monde ont été la cible de ces logiciels de surveillance l’année dernière. Dans cet article, nous allons examiner les résultats de notre rapport et les actions que nous pouvons tous prendre pour lutter contre ce phénomène.

Les stalkerwares : un fléau mondial

Les stalkerwares sont des logiciels disponibles dans le commerce qui peuvent être installés discrètement sur des appareils connectés, permettant à l’agresseur de surveiller tous les aspects de la vie privée d’une personne à son insu. Dans la plupart des cas, ces logiciels sont utilisés dans le cadre de relations abusives. Les femmes sont les premières victimes de cette violence numérique, qui peut avoir des conséquences graves sur leur vie privée et leur sécurité.

Les données de notre rapport State of Stalkerware 2022  montrent que 29 312 personnes ont été affectées par les stalkerwares en 2022, un chiffre qui se rapproche de celui de l’année précédente, avec 32 694 utilisateurs touchés. Cette tendance à la stabilité relative met en lumière l’ampleur mondiale du phénomène, qui est bien plus inquiétant que ce que laissent penser nos simples chiffres. En effet, ces données ne concernent que les utilisateurs de nos solutions et il est fort probable que le nombre de victimes soit bien plus élevé. 

Les stalkerwares ne connaissent pas de frontière, puisque nous avons détecté des cas dans 176 pays. Les cinq pays les plus touchés par les stalkerwares sont la Russie, le Brésil, l’Inde, l’Iran et les États-Unis d’Amérique. La France, quant à elle, figure à la 14ème place des pays les plus concernés par ce fléau, ce qui souligne l’urgence d’agir pour protéger les victimes.

Luttons contre les stalkerwares

En tant que cofondateur de la Coalition Against Stalkerware, un groupe international qui se consacre à la lutte contre les stalkerwares et la violence domestique, nous faisons face à cette situation préoccupante. Pour lutter contre ces logiciels espions, nous avons développé des solutions telles que Privacy Alert, qui émet une notification en cas de détection d’un stalkerware sur un appareil, ainsi que TinyCheck, un outil gratuit, sûr et facile à utiliser pour vérifier que vos appareils ne contiennent pas de stalkerware ou d’applications de surveillance. Nous collaborons également avec des experts et des organisations impliquées dans la lutte contre les violences domestiques, afin de partager les connaissances et d’aider les professionnels et les victimes.

Leonie Maria Tanczer, professeure associée à l’University College London (UCL) et responsable du groupe de recherche sur le genre et la technologie de l’UCL, souligne la pertinence de nos recherches : « Il est essentiel de disposer de données sur les logiciels de harcèlement, car les preuves quantitatives relatives à l’ampleur et à la nature des formes de coercition et de contrôle fondées sur la technologie restent limitées. Ce rapport ne présentant que des informations concernant les utilisateurs mobiles utilisant les solutions de sécurité Kaspersky, nous pouvons nous attendre à ce que l’ampleur du phénomène soit beaucoup plus importante. Il s’agit donc de chiffres inquiétants mais utiles qui peuvent encourager les chercheurs, les industriels et les utilisateurs à développer des stratégies pour atténuer la portée des stalkerwares grâce à des dispositifs juridiques et techniques pour augmenter la détection de ces logiciels, mais aussi pour accélérer le déploiement des logiciels de surveillance anti-stalkerwares. » 

 

La nécessité d’une action collective

Il est temps de prendre au sérieux la violence numérique et de trouver des solutions pour protéger les victimes de ces violences.

Anna McKenzie, responsable de la communication du réseau européen WWP ajoute : « Des études telles que le rapport State of Stalkerware permettent de mettre en évidence un statu quo, mais nous devons faire plus pour le changer. Avec la campagne #NoExcuse4Abuse, élaborée et mise en œuvre en coopération avec Kaspersky, nous avons fait un premier pas pour lutter contre les attitudes sociales néfastes à l’égard des abus facilités par la technologie et des logiciels de harcèlement. Les appareils numériques et les espaces en ligne offrent aux personnes abusives un environnement idéal pour étendre leur contrôle sur la vie de leur partenaire. Or, regarder le téléphone de sa partenaire, lire ses mails, savoir où elle se trouve et connaître ses mots de passe est devenu si courant que les hommes ne se rendent souvent même pas compte qu’ils manifestent des comportements abusifs.

Nous pensons qu’au-delà de la nécessité évidente d’une réglementation juridique, d’un renforcement des capacités et d’une sensibilisation générale à la question de la violence numérique, il est de la plus haute importance que les attitudes favorables aux abus facilités par la technologie soient couramment abordées dès le plus jeune âge. »

Les gouvernements et les législateurs doivent également agir en adoptant des lois qui punissent sévèrement les auteurs de stalkerwares et en fournissant des ressources adéquates aux organisations qui travaillent avec les victimes. Il est essentiel de renforcer les capacités de la police et des tribunaux pour identifier et poursuivre les auteurs de stalkerwares.


Comment éviter d’être infecté par un logiciel espion (stalkerware) ?

Tout d’abord, ne prêtez jamais votre téléphone à quiconque et évitez de le laisser sans surveillance. Cette première étape est cruciale pour protéger vos données. En effet, si quelqu’un a accès à votre téléphone, il peut facilement installer un stalkerware sans votre consentement.

Ensuite, protégez votre téléphone en utilisant un mot de passe alphanumérique fort que vous n’avez jamais partagé avec quiconque. Évitez les mots de passe simples tels que « 123456 » ou « password », car ils sont faciles à deviner et peuvent compromettre la sécurité de votre appareil.

De plus, ne téléchargez que des applications provenant de sources fiables, comme l’App Store ou Google Play. Évitez de télécharger des applications provenant de sources tierces, car elles peuvent contenir des stalkerwares ou d’autres programmes malveillants.

Enfin, protégez votre téléphone en utilisant un logiciel antivirus qui vous prévient lors de la détection d’un stalkerware. Les antivirus pour téléphone peuvent détecter les logiciels malveillants et vous permettre de les supprimer avant qu’ils ne causent des dommages.

En suivant ces étapes simples, vous pouvez réduire considérablement le risque d’être infecté par un stalkerware et protéger ainsi vos données personnelles. Soyez vigilant et protégez votre vie privée.


Vous trouverez ci-dessous un certain nombre de ressources sur le sujet.

Victimes de cyberviolences :

ONG et autres organisations accompagnant les victimes :

  • Association ECHAP : collectif hacker-féministe qui lutte contre l’utilisation de la technologie dans les violences sexistes https://echap.eu.org/
Conseils