Suivi des avions : comment Flightradar24 fonctionne ?

15 Avr 2015

De nombreuses personnes sont très anxieuses à l’idée de voler, même s’ils ne prennent pas l’avion.  » Appelle-moi dès que tu as atterri « , me dit ma mère chaque fois que je prends l’avion et elle se met en colère si j’oublie de lui dire que je prends l’avion. Étant donné que je prends l’avion plusieurs fois par semaine, prévenir ma mère à chaque fois serait plutôt ridicule.

Pour les parents inquiets ou ceux qui ont peur de l’avion, Flightradar24 est la solution idéale : ce service vous permet de savoir si quelque chose de particulier arrive à l’avion dans lequel se trouve votre famille ou vos amis.

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Pour être franc, bien trop de système de surveillance de vol ont émergé sur Internet ces derniers temps. Néanmoins, la plupart rencontre des problèmes de mise à jour. Pour les compagnies aériennes américaines, les informations sont plus ou moins à jour, mais pour les autres pays ce n’est pas toujours le cas : il est possible que certains aéroports ou compagnies aériennes ne soient même pas inclus dans le système.

Tout repose sur la source des données. En règle générale, les données permettant de suivre l’avion sont obtenues à partir du site Web de l’aéroport ce qui va un peu à l’encontre du principe du service : pourquoi utiliser ces services s’il suffit d’aller sur le site Web de l’aéroport et de regarde le statut du vol ?

Flightradar24 emploie une approche différente : il reçoit les données de vol directement des avions

Le problème principal dans ce cas est le retard des mises à jour (dans certains cas, elles sont réalisées manuellement), ainsi qu’un manque de transparence quant au lieu où se trouve l’avion à certains moments concrets.

Par exemple, le statut du vol peut être  » Décollé  » alors que l’avion est en fait toujours au sol car il fait la queue pour décoller depuis une bonne quarantaine de minutes.

Flightradar24 emploie une approche différente : il reçoit les données du vol directement des avions. Ceci est possible grâce à un système de surveillance coopératif  aussi appelée ADS-B qui est disponible sur la plupart des avions modernes.

 

À l’origine, cette technologie de surveillance a été conçue pour que les régulateurs puissent localiser les avions de manière plus précise qu’avec les radars à ondes continues. De plus, les pilotes peuvent également voir tout le trafic.

L’ADS-B est un système relativement complexe et sophistiqué qui, par exemple, permet aux pilotes d’obtenir des mises à jour sur les conditions météorologiques et bien d’autres informations. Mais nous sommes intéressées par une fonctionnalité bien précise, l’ADS-B Mode-S. Dans ce mode, un avion transmet régulièrement (environ une fois par seconde) ses données GPS (latitude, longitude, altitude) ainsi que sa vitesse (y compris sa vitesse verticale), l’adresse unique de l’avion et le numéro du vol via un canal 1090 MHz.

Les données transmises par l’avion incluent également le code de transpondeur ( » squawk « ) qui peut parfois servir pour communiquer des informations codées (en cas d’urgence la valeur est 7700 et en cas de détournement 7500). Toutes les situations inattendues peuvent donc également être surveillées.

Toutes ces données, aussi curieux que cela puisse paraitre, sont envoyées par des canaux non chiffrés et n’importe qui peut y accéder : tout ce dont vous avez besoin c’est de quelques connaissances en radio pour obtenir une antenne de portée 1090 MHz et assembler un simple récepteur radio.

Et il existe une approche encore plus simple : trouvez un tuner de télé normal avec une interface USB sur eBay, Aliexpress ou n’importe quel autre magasin du genre, achetez-le pour 10-20€, installez des pilotes personnalisés au lieu des habituels… et c’est tout. Si votre ordinateur est connecté à Internet, vous prendrez part à un énorme projet de crowdsourcing.

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Vous n’avez même pas besoin de rester en ligne tout le temps. Les signaux ADS-B peuvent être reçus jusqu’à 150 miles de la position de l’avion. Donc si vous ne vivez pas au milieu de nulle part, il y aura au moins quelques passionnés qui disposeront d’outils similaires à proximité de vous. Les chances qu’au moins un de vous soit en train de recevoir des signaux sont très grandes.

Par essence, les données de milliers de récepteurs tout autour de la planète sont transmises aux serveurs de Flightradar24 en temps-réel. Ajoutez un peu de magie technologique et vous obtiendrez le service qui permet à tout le monde de voir ce qui se passe avec la plupart des avions dans le monde. Le reste dépend du type d’interface que vous choisissez. Le service dispose d’une interface Web ainsi que d’applications mobiles, gratuites ou payantes.

L’interface Web est plus flexible : elle offre des fonctionnalités de recherche avancées se basant sur plusieurs paramètres : le numéro du vol (IATA ou ICAO), le numéro de l’avion, le code du transpondeur, le nom de la compagnie aérienne, le modèle de l’avion. Évidemment, tout ce que nous mentionnons après le numéro du vol n’a d’intérêt que pour les passionnés d’aviation.

Quand vous recherchez un numéro de vol, vous verrez la position de l’avion en temps-réel et pour les vols qui ont déjà été effectués – des statistiques détaillées, y compris les paramètres de vol à n’importe quel moment du trajet sont disponibles.

Il est possible de regarder les types d’avions qui sont utilisés pour un vol en particulier, afin de savoir ce à quoi vous attendre quand vous acheter votre billet. Ou vice versa, pour acheter un billet selon vos préférences : vous choisirez peut-être de voler avec un Boeing 787 flambant neuf ou un Tupolev 154 retro, selon vos préférences.

Quand vous suivez un avion, il est possible de choisir  » avion en mouvement sur la carte  » ou d’apprécier la  » vue de la cabine « . Bien évidemment, il n’existe pas d’enregistrement live de ce qui se passe dans le cockpit : l’image est recréée grâce à des images satellites du terrain projetées depuis l’altitude actuelle de l’avion. Cela peut sembler amusant les premières fois mais dû au fait que les données sur la route peuvent parfois disparaitre de temps en temps, l’avion virtuel peut parfois rester bloqué, ce qui peut être très ennuyeux.

Pour ce qui est des applications mobiles, le service fonctionne complètement uniquement de manière payante sur les plateformes Android, iPhone, iPad et même Windows Phone. La version gratuite est relativement limitée en matière de fonctionnalités. Ce qui est unique pour les applications mobiles est qu’elles offrent des gadgets tels que la réalité augmentée.

Cela fonctionne de la manière suivante : quand vous voyez un avion dans le ciel, vous pouvez orienter l’appareil photo de votre mobile vers celui-ci et l’appareil affichera une photo de l’appareil et toutes ses données de vol. Dans la vraie vie, cette approche n’est pas infaillible : il est assez difficile de garder l’avion en mouvement dans le cadre et les données utilisées pour identifier l’avion à partir de sa situation géographique ne sont pas toujours exactes : les données de géolocalisation sont obtenues depuis le module GPS du smartphone avec des corrections de la part de l’accéléromètre et la boussole intégrée.

Néanmoins, ces fonctionnalités ne sont pas obligatoires à utilisées. La fonction clé dans notre cas est de pouvoir suivre n’importe quel vol à n’importe quel moment. Et Flightradar24 est pour cela bien pratique. Il est bon de savoir que de telles opportunités sont accessibles à n’importe quel utilisateur sur Internet.