Selon un rapport de Kaspersky sur les violences numériques, basé sur une étude mondiale , près de la moitié des personnes interrogées (45,7 %) ont été victimes d'au moins une forme de violence numérique au cours des 12 derniers mois. Pourtant, seules 32 % des personnes comprennent correctement la signification de ce terme.
Le rapport inclut également une analyse des offres du dark web liées aux services de traque (stalking), et partage des informations clés sur l'évolution du paysage des stalkerwares (logiciels de traque et harcèlement), avec plus de 34 000 utilisateurs touchés par cette menace en 2024-2025.
Les violences numériques, également appelées violences facilitées par la technologie, désignent les comportements abusifs perpétrés ou amplifiés par le biais des technologies numériques telles que les smartphones, les réseaux sociaux ou les plateformes en ligne. Elles englobent un large éventail d'actions allant du harcèlement et de l'exclusion en ligne à la cyber-traque, l'usurpation d'identité et la surveillance non autorisée.
Parce que ces comportements abusifs manquent souvent de preuves tangibles et sont ancrés dans la communication quotidienne, de nombreux utilisateurs ne les identifient pas comme tels. Par conséquent, ces actions nuisibles peuvent être normalisées ou ignorées.
Le manque de sensibilisation mis en évidence dans le rapport de Kaspersky souligne l'importance d'initiatives telles que la conférence internationale sur les violences numériques (Tech Abuse Conference), organisée par le laboratoire de recherche Gender and Tech de l'UCL, où Kaspersky a apporté son expertise pratique par le biais d'un atelier dédié à la lutte contre les stalkerwares.
« Les violences numériques ne sont toujours pas largement reconnues comme une catégorie de préjudice à part entière, en partie parce qu'il n'existe pas de définition commune de ce qu'elles englobent, ce que cette étude met clairement en évidence. Ce manque de clarté signifie que de nombreuses expériences ne sont ni nommées, ni signalées et ne font l'objet d'aucune prise en charge. Sans cadre commun, il reste difficile de mesurer l'ampleur du problème ou d'y répondre efficacement », explique le Dr Leonie Maria Tanczer, professeure associée en informatique à l'UCL et responsable du laboratoire de recherche "Gender and Tech" du département.
Selon l'étude de Kaspersky, 32 % des répondants ont déclaré savoir ce que signifie l’expression “violences facilitées par la technologie". Parallèlement, 45,7 % d'entre eux affirment avoir subi au moins une forme d'abus de ce type au cours des 12 derniers mois. L'écart entre ces deux chiffres, un tiers qui connaît le terme, mais près de la moitié qui l'a vécu, met en lumière un manque de sensibilisation, suggérant que de nombreuses personnes peuvent être confrontées à des formes de violences facilitées par la technologie sans les identifier comme telles.
L'étude montre que les violences numériques ne se limitent pas à des incidents isolés. Parmi les personnes qui en ont été victimes à l'échelle mondiale, les individus ont été confrontés en moyenne à 2,7 types différents de comportements abusifs. La menace la plus courante était le fait d'être bloqué et exclu de manière intentionnelle pour causer du tort (16,7 %), tandis que 15,1 % ont été confrontés à la réception de messages offensants ou insultants
Les personnes interrogées dans des pays comme les États-Unis et l'Inde ont déclaré avoir été davantage exposées à de multiples formes de violences, tandis que dans certaines régions d'Europe et d'Asie, les individus étaient moins enclins à admettre avoir vécu de telles expériences.
L'étude de Kaspersky a également révélé que près de 8,5 % des répondants avaient subi une traque numérique (cyberstalking), et 5,4 % ont déclaré avoir été victimes de doxing (pratique consistant à révéler publiquement des informations personnelles sur Internet dans le but de nuire). Le risque de ces violences numériques est également confirmé par l'évolution constante du paysage des menaces. Les experts de Kaspersky Digital Footprint Intelligence (DFI) ont mis en évidence l'essor d'un véritable écosystème de services de doxing sur les forums du dark web. Ces services sont proposés à des prix variant de 50 $ à 4 000 $. Parallèlement, on observe la présence d'outils de surveillance sophistiqués, tels que les stalkerwares, capables de suivre des individus et d'extraire leurs données personnelles
Les stalkerwares désignent les programmes informatiques, applications et appareils qui permettent à quelqu'un d'espionner secrètement la vie privée d'une autre personne via son appareil mobile. Cette méthode est très souvent utilisée dans des contextes de violences conjugales, de harcèlement ou de contrôle abusif. Ainsi, l'agresseur peut surveiller à distance l'intégralité de l'appareil de la victime, y compris ses recherches sur le web, sa localisation, ses SMS, ses photos, ses appels vocaux et bien plus encore.
Kaspersky surveille en permanence l'évolution du paysage des stalkerwares et des menaces associées. Selon les données de l'entreprise, en 2024-2025, plus de 34 000 utilisateurs ont été touchés par des stalkerwares, ce qui porte le total sur les cinq dernières années à 127 000 utilisateurs à travers le monde. Au cours de cette période, Kaspersky a identifié 33 familles de stalkerwares jusqu'alors inédites, soulignant l'activité de développement continue dans ce domaine. Des utilisateurs touchés ont été détectés dans plus de 160 pays, la Russie, le Brésil et l'Inde se classant systématiquement parmi les trois pays les plus affectés en 2025, à l'instar des années précédentes. »
« Les stalkerwares, qui peuvent être facilement téléchargés et installés par quiconque dispose d'une connexion internet, permettent aux agresseurs d'accéder à distance au smartphone d'une victime depuis n'importe où. Comme le logiciel fonctionne en arrière-plan sans être visible, la plupart des victimes ignorent totalement que chacun de leurs faits et gestes est surveillé. C'est pourquoi il est extrêmement important de savoir comment identifier une telle activité et de savoir quoi faire si l'on soupçonne d'être suivi », déclare Tatyana Shishkova, chercheuse principale en sécurité et responsable par intérim du centre de recherche Amériques & Europe au sein de l'équipe mondiale de recherche et d'analyse (GReAT) de Kaspersky.
Pour consulter le rapport complet ici, rendez-vous ici.
Consciente des menaces grandissantes des stalkerwares et de la nécessité d'une action concertée face à cette forme d'abus, Kaspersky a cofondé laCoalition Against Stalkerware. Ce groupe de travail international lutte contre les stalkerwares et la violence domestique. Il réunit des entreprises technologiques, des ONG, des institutions de recherche et des organismes d'application de la loi dans le but de combattre le cyberharcèlement et d'apporter son aide aux victimes d'abus en ligne.
Du 19 au 21 mai 2026, Kaspersky a participé à la conférence internationale sur les abus technologiques organisée par l'UCL à Londres, avec un atelier consacré à la lutte contre ces logiciels. Cette session pratique animée par Tatyana Shishkova a fourni des conseils concrets sur les stalkerware et les logiciels espions, ce qu'ils sont, comment ils sont utilisés et comment ils peuvent apparaître concrètement sur les appareils. Grâce à des démonstrations en direct, les participants ont pu apprendre à identifier les signes potentiels de ces menaces, ont découvert les paramètres et fonctionnalités clés à vérifier sur leurs appareils, et pu acquérir une compréhension approfondie du fonctionnement des stalkerwares. Pour plus d’information, rendez-vous ici.
Recommandations pour les victimes potentielles de logiciels de harcèlement :
- Utiliser des outils de sécurité fiables pour détecter les menaces potentielles. De tels outils peuvent alerter de la présence de logiciels accédant secrètement à des données sensibles (localisation, messages, historique des appels, navigation ou frappes au clavier).
- Ne pas supprimer immédiatement un stalkerwaresuspecté, car cela pourrait alerter l'agresseur et aggraver le danger. Ainsi, il est d'abord nécessaire d’évaluer la situation et de contacter une organisation de soutien.
- Utiliser un appareil sûr pour contacter les services d'aide, rechercher des ressources ou communiquer sur votre situation.
- Rechercher les signes d'alerte : une batterie qui se décharge anormalement vite, une consommation de données inexpliquée, de nouvelles applications installées, ou l'activation du paramètre "Sources inconnues".
- Protéger ses comptes avec des mots de passe forts et uniques et les changer depuis un appareil sain.
- Contacter une organisation spécialisée dans la lutte contre les violences domestiques ou les stalkerwares pour obtenir des conseils personnalisés. La liste des organisations locales les plus proches est disponible sur le site de la Coalition Against Stalkerware.
À propos de Kaspersky
Kaspersky est une société internationale de cybersécurité et de protection de la vie privée fondée en 1997. Avec à ce jour plus d'un milliard d'appareils protégés contre les cybermenaces émergentes et les attaques ciblées, l'expertise de Kaspersky en matière de sécurité et de renseignements sur les menaces est constamment convertie en solutions et services innovants pour protéger les particuliers, les entreprises, les infrastructures critiques et les autorités publiques dans le monde entier. Le large portefeuille de solutions de cybersécurité de Kaspersky inclut la protection avancée de la vie numérique pour les appareils personnels, des produits et services de sécurité spécialisés pour les entreprises, ainsi que des solutions de Cyber Immunité pour lutter contre les menaces numériques sophistiquées, en constante évolution. Kaspersky aide des millions de particuliers et plus de 200 000 entreprises à protéger ce qui compte le plus pour eux. Pour en savoir plus, consultez le sitehttps://www.kaspersky.fr