Le débat sur les stalkerwares, et plus généralement sur l’espionnage numérique tourne autour de la question du consentement. Si la grande majorité des Français ayant répondu à la dernière étude de Kaspersky et Sapio Research (72 %) ne pense pas qu'il soit acceptable de surveiller son partenaire sans son consentement, il reste une minorité importante et préoccupante (27%) qui pense que cette pratique est acceptable (« acceptable » pour 13%, et « dans certaines circonstances » pour 14%). A l’échelle internationale, 30% des répondants estiment qu’il est normal d’espionner son/sa conjoint(e).

Le sondage nous montre que deux tiers des Français qui estiment qu'il n'y a pas de mal à surveiller leur partenaire le feraient s’ils pensaient que ce dernier ou cette dernière est infidèle (66 %). Viennent ensuite les « excuses » de la sécurité (46%) et du soupçon d’implication dans une activité criminelle (31%).

Les femmes plus exposées à la violence que les hommes

Il existe d'importantes disparités à prendre en compte en ce qui concerne le niveau de sensibilisation aux stalkerwares. Tout d'abord, les hommes sont plus nombreux à connaître l'existence des stalkerwares que les femmes, tant en France (56% des hommes et 42% des femmes) que dans le reste du monde (44% des hommes et 36% des femmes). Deuxièmement, les jeunes sont plus susceptibles de connaître les stalkerwares que les personnes plus âgées : 54% des français âgés de 16 à 34 ans connaitraient ces logiciels contre seuls 37% des plus de 55 ans.

Plus d'hommes (10 %) que de femmes (5 %) ont admis avoir installé un stalkerware sur le téléphone de leur partenaire. En France, il est intéressant de constater que les hommes ont beau être plus nombreux à avoir déjà eu recours à un stalkerware, ils sont également bien plus inquiets d’être espionnés que les femmes. 15% des Français ont ainsi déjà suspecté leur conjointe d’avoir installé de tels outils, contre 11% des Françaises.

Cependant, même parmi ceux qui disent connaître les stalkerwares, le niveau de sensibilisation à certaines fonctionnalités est plus élevé que d'autres. 75% des Français qui connaissent l’existence des stalkerwares (moins de la moitié du panel pour rappel) sont au courant que les stalkerwares offrent des fonctionnalités comme la surveillance des activités sur Internet. 69% savent qu’ils permettent l'enregistrement de la localisation et 59% savent qu’ils permettent l'enregistrement vidéo et audio. En revanche, seul un tiers (33%) est au courant qu’un stalkerware peut informer l’agresseur lorsqu'une victime tente de le désinstaller. Preuve en est, 42% des Français désinstalleraient immédiatement l’application s’ils venaient à la découvrir sur leur téléphone.

« Ces chiffres sont révélateurs de la réalité du problème des stalkerwares. Le manque d’information sur leur existence et de connaissance de leurs fonctionnalités, et d’à quel point ils sont pernicieux peut avoir deux effets : la banalisation de leur usage pour les agresseurs, et le manque d’attention envers les victimes qui soupçonneraient l’existence d’un tel logiciel sur leur téléphone sans en avoir la preuve. Il faut être particulièrement vigilant dans le cas de la détection d’un stalkerware toutefois, car les études et expériences d’associations de protection des femmes victimes de violence démontrent que la violence numérique peut être en lien direct avec la violence physique. Concrètement, la désinstallation d’un stalkerware peut constituer une raison d’escalade de la violence, sous différentes formes, pour un conjoint jaloux. » rappelle Arnaud Dechoux, responsable des Affaires publiques chez Kaspersky France.

Quel état des lieux du problème en France

L’abus numérique est un problème massif et répandu en France. 15% des Français indiquent avoir vécu une forme d'abus ou de violence de la part de son partenaire, bien que les hommes soient moins susceptibles d'avoir subi des abus (12 %) que les femmes (18 %). En ce qui concerne les types de violence perpétrée, la violence psychologique est la forme la plus courante vécue par les français (66 %), suivie par la violence physique (52 %), la violence économique (27 %) et la violence sexuelle (24%).

L’abus numérique par le biais de stalkerwares pourrait être un facteur clé de la violence psychologique. Si « seuls » 13% » des Français estiment avoir été surveillés par le biais de la technologie, un Français sur 5 (21%) craint que son partenaire ne viole sa vie privée numérique.

La plupart des inquiétudes concernant la manière dont une telle atteinte à la vie privée pourrait se manifester portent sur les informations accessibles via un smartphone, et donc exposées au risque d'un stalkerware. Les informations numériques auxquelles les français interrogés s'inquiètent le plus de voir leurs partenaires accéder sont les SMS (53%), les réseaux sociaux (46 %) et les emails (35 %).

C’est particulièrement déconcertant quand on constate que 34% des Français ayant déjà été espionnés l’ont été par le biais d’une application sur leur téléphone (50% à l’échelle du monde).

Un manque de sensibilisation à la confidentialité des données en ligne.

La protection de la vie privée est une question complexe, car chaque personne a ses propres limites quant aux informations qu'elle est prête à divulguer à son partenaire ou auxquelles elle est d'accord de lui donner accès. Par exemple, plus de 6 Français sur 10 ont partagé le mot de passe de leur téléphone avec leur partenaire, et une proportion similaire (58 %) connaît le mot de passe du téléphone de leur partenaire. Pour plus de la moitié des répondants (53%) il est également normal de partager les données de connexion aux services iCloud ou Google au sein de leur famille. Ces chiffres suggèrent que de nombreuses personnes sont d'accord que leur partenaire intime et/ou leur famille proche aient accès à leur vie numérique.

Comment les français réagissent-ils aux stalkerwares ?

Lorsque l’on demande aux Français la manière dont ils réagiraient s’ils découvraient un stalkerware sur leur appareil, environ la moitié (48 %) enquêteraient pour découvrir qui en est à l’origine. 76% en discuteraient avec leur partenaire s'ils découvraient qu'une application de surveillance a été installée sur leur téléphone. Cependant, le fait de tenir tête à un partenaire dans cette situation ne fera qu'accroître le risque auquel la victime de stalkerware est confrontée, ce que les experts des organisations de lutte contre les violences domestiques déconseillent fortement. Cela met en évidence le travail nécessaire pour former, éduquer et soutenir les gens face à des problèmes complexes relatifs aux stalkerwares.

Parmi les autres réactions, en cas de découverte d’un stalkerware sur un téléphone ou autre appareil, les Français :

-      Seraient 42% à le supprimer directement

-      29% se renseigneraient sur Internet des démarches à suivre

-      19% demanderaient de l’aide à un expert technique

-      Seraient 17% à aller demander de l’aide à la police

-      Seuls 14% appelleraient une association d’aide aux victimes ou arrêteraient simplement d’utiliser l’appareil

-      11% achèteraient un nouvel appareil

-      4% indiquent qu’ils n’auraient aucune idée de la manière dont ils réagiraient.

« Quelles que soient les réponses et les réactions face à la découverte d’un logiciel espion, on constate malheureusement la méconnaissance des enjeux autour de ces logiciels et surtout des aides disponibles pour accompagner les victimes. C’est notamment pour cette raison que Kaspersky a cofondé en 2019 la Coalition contre les stalkerwares avec 9 autres acteurs. Cette coalition compte aujourd’hui 40 membres et a récemment accueilli notamment Interpol et la Gendarmerie Nationale. C’est aussi pour aider les associations d’aide aux victimes de violences conjugales et numériques que Kaspersky soutient le développement de TinyCheck, un outil en open source qui permet de détecter facilement et discrètement la présence d’un logiciel espion et de générer un rapport pouvant servir de preuve en cas de plainte auprès de la police. Dans tous les cas, il est recommandé de se rapprocher d’organisation d’aide aux victimes et de ne pas réagir de manière précipitée, au risque d’une escalade de la violence » explique Arnaud Dechoux, responsable des Affaires Publiques chez Kaspersky. 

Pour éviter d'être victime d'un stalkerware, Kaspersky recommande ce qui suit :

●       Protégez votre téléphone par un mot de passe fort que vous ne partagez jamais avec votre partenaire, vos amis, ni vos collègues.

●       Modifiez les mots de passe de tous vos comptes et ne les partagez pas non plus avec qui que ce soit.

●       Téléchargez des applications uniquement à partir de sources officielles, comme Google Play ou la boutique App Store.

●       Installez immédiatement une solution de sécurité fiable, y compris sur votre téléphone mobile, et procédez régulièrement à une analyse de l'appareil. Toutefois, cette étape ne doit être réalisée qu'après avoir évalué le risque pour la victime, car l'auteur de l'infraction peut remarquer l'utilisation d'une solution de cybersécurité.

●       Ne vous précipitez pas pour supprimer un stalkerware s'il est détecté sur l'appareil, car l'agresseur pourrait en être informé. Il est très important de prendre en compte le fait que celui-ci peut représenter un risque pour la sécurité. Dans certains cas, la personne peut intensifier ses comportements abusifs en guise de réponse.

●       Pour obtenir de l'aide et établir un plan de sécurité, contactez les autorités locales ainsi que les organisations de services qui soutiennent les victimes de violence domestique. Une liste des organisations concernées dans plusieurs pays est disponible sur le site www.stopstalkerware.org.

Pour en savoir plus à propos des stalkerwares et de la manière d'y faire face, consultez le site de la Coalition Against Stalkerware, qui réunit des organisations de lutte contre les violences domestiques et la communauté de la sécurité pour lutter contre cette menace.

La version complète de l’étude est disponible sur demande.

*A propos de l’étude

Le sondage a été réalisé auprès de 21 055 personnes de 21 pays qui sont actuellement en couple ou l'ont été dans le passé. 1002 français ont été interrogés dans le cadre de cette étude. Au niveau mondial, les résultats sont précis à ± 0,7 % avec des limites de confiance de 95 %, en supposant un résultat de 50 %. Les entretiens ont été réalisés en ligne par Sapio Research en septembre 2021 à l'aide d'une invitation par courriel et d'un sondage en ligne.  

À propos de Kaspersky

Kaspersky est une société internationale de cybersécurité et de protection de la vie privée numérique fondée en 1997. L’expertise de Kaspersky en matière de « Threat Intelligence » et sécurité informatique vient constamment enrichir la création de solutions et de services de sécurité pour protéger les entreprises, les infrastructures critiques, les autorités publiques et les particuliers à travers le monde. Le large portefeuille de solutions de sécurité de Kaspersky comprend la protection avancée des terminaux ainsi que des solutions et services de sécurité dédiés afin de lutter contre les menaces digitales sophistiquées et en constante évolution. Les technologies de Kaspersky aident plus de 400 millions d’utilisateurs et 240 000 entreprises à protéger ce qui compte le plus pour eux. Pour en savoir plus : www.kaspersky.fr

15% des Français ont déjà été victimes d’abus ou de violences au sein du couple et 21% sont inquiets que leur partenaire ne viole leur vie privée numérique.

A l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes le 25 novembre, Kaspersky révèle les résultats de son étude, menée avec Sapio Research* auprès de 21 000 personnes issues de 21 pays dans le monde, sur l’usage et la connaissance des stalkerwares (logiciels espions grand public) au sein de la population. Si seuls 49% des Français admettent savoir ce qu’est un stalkerware, 28% estiment qu’il est légitime d’espionner son/sa conjoint(e), à son insu, au moins dans certaines circonstances. Des chiffres qui prouvent qu’il est plus que jamais indispensable de sensibiliser à ce qu’est la violence numérique.
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